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Les mythes de l'école-maison

Voilà un sujet pour lequel je suis toujours surpris des commentaires des gens lorsque je l'aborde...

Faisons un peu d'histoire et de politique; vous voulez bien?


Dans les années 50 et 60, la montée du keynésianisme dans les pays occidentaux – oui je sais, c'est un mot compliqué, mais qui vaut la peine d'une petite recherche – a eu pour effet l'installation définitive et structurée des écoles de masse. Bonus pour les états: ils ont pu ainsi mieux contrôler l'éducation des populations. À vous d'en tirer vos propres conclusions...


Très bien, mais j'espère que vous comprenez que le retrait des enfants du système scolaire a toujours été une menace dont les états ont eu grand intérêt à tenir à l'écart de la majorité.


Petite parenthèse ici. En observant les intérêts d'une entité (collective ou individuelle), on a plus de chance de s'ouvrir aux méthodes qu'elles peuvent avoir le culot d'utiliser pour arriver à leurs fins. Au contraire, si on ne connait pas les intérêts des acteurs, c'est toujours plus long et pénible à certifier, car on s'empêche de creuser davantage et de collecter les preuves.


Augmenter la surveillance, resserrer les règles et compliquer la tâche administrative des parents-pédagogues sont des tactiques qui fonctionnent bien pour décourager d'autres parents à emboîter le pas de l'école-maison. Or, ce n'est pas tout. Il est beaucoup trop facile pour les dirigeants d'envoyer des informations erronées dans la population – alias ballons de plage – afin d'assurer la continuité d'un découragement à sortir du système scolaire.


Mon expérience de 5 ans avec l'école à la maison (combinée avec plusieurs recherches et lectures) me permet d'apprécier tout le travail de sabotage qui s'est effectué dans les représentations qu'a la population en général de l'instruction à domicile.


En voici quelques-unes qui valent vraiment la peine d'être soulignées.

1. L'école est obligatoire.


J'ai entendu des juristes et de « grands » spécialistes le dire tel quel à la radio. C'est faux. L'instruction est obligatoire, pas l'école.



2. Ces enfants souffrent d'un manque de socialisation.


Ça aussi c'est faux. La société actuelle considère la quantité avant la qualité en matière de socialisation. Avez-vous déjà entendu des enfants parler dans les cours d'école? On pourrait en discuter longuement...


Puis, s'ajoute à cela ce que j'appelle le mythe de la brebis persécutée – j'aime cette appellation – qui équivaut à croire qu'un enfant qui n'a pas vécu une diversité considérable d'interactions (de tout genre) ne saura pas se défendre ou répondre à l'adversité, voire aux menaces. Mon expérience avec les enfants m'a montré que c'est le contraire qui se produit. Pour comprendre cela, voyez les interactions indésirables comme des influences négatives sur la confiance et le respect de soi (surtout chez les jeunes). Plus un enfant se respecte, moins il laisse passer ce qui minera ce respect. Point barre. Et par ailleurs, qui a dit qu'un enfant qui faisait l'école à la maison ne faisait jamais face à des interactions indésirables?


Aussi, je ne voudrais pas entrer dans quelque chose de trop philosophique, mais je crois que la "première" socialisation est celle avec soi-même. Cela n'équivaut pas non plus à avancer que les interactions avec les autres ne sont pas importantes. Or, il est tout à l'avantage des parents (et des enfants) de mettre l'accent sur cette socialisation intérieure... ce qui bonifie grandement la socialisation extérieure.


Finalement – j'en ai énormément à dire sur la socialisation, mais ceci est un blog et non un livre – il existe partout au Québec (et ailleurs dans le monde) plusieurs associations régionales qui organisent des activités hebdomadaires ou mensuelles pour les familles dont les enfants sont instruits à la maison. De plus, de nombreux groupes Facebook permettent aux familles un jumelage d'enfants du même âge et du même quartier (ou ville voisine) pour socialiser et organiser des activités éducatives quasi quotidiennes.


J'ai fait une émission sur le sujet de la socialisation que vous pouvez visionner ici.



3. Mon enfant aime l'école.


Bien possible, mais n'est-il pas aussi envisageable qu'il aime surtout apprendre et socialiser?


Les êtres humains s'adaptent à ce qu'ils vivent de manière la plus positive possible, du moins c'est ce que je vous souhaite. Nous ne pouvons pas savoir si nous aimons une chose que nous n'avons pas essayée, et croyez-moi, l'école à domicile est une expérience remplie de surprises et d'étonnements.



4. Pas d'école, pas de diplôme.


Faux.


Premièrement, dès cette année, les examens du ministère, dont la passation est nécessaire à l'obtention d'un diplôme d'études secondaires (DES), seront obligatoires pour tous les élèves de l'école à domicile. Bon ça ne garantit pas le diplôme, mais c'est pour vous montrer que c'est structuré.


Deuxièmement, il existe plusieurs chemins pour obtenir des diplômes d'études post-secondaires. Justement, l'Association québécoise de l'école à domicile (AQED) organisait lors de la rentrée 2021 une série de séances d'informations en ligne pour présenter ces différents autres chemins (soi-disants souvent plus intéressants).


Enfin, je dois vous dire que j'ai rencontré dans ma vie plusieurs personnes qui ont connu un grand succès professionnel (dans ce qu'ils aimaient) sans n'avoir aucun diplôme (dont une qui n'avait même pas complété son niveau primaire). Je suis certain que vous en connaissez aussi...


Toujours est-il qu'il faut garder en tête qu'il est tout à fait possible d'obtenir son DES en faisant l'école à domicile... et cela même avant le temps!


 

Voici une référence à lire


Il existe une panoplie de livres qui traitent de ce sujet, mais je vous en suggère un si vous êtes néophyte:


Les 10 plus gros mensonges sur l'école à la maison, de Sylvie Matin-Rodriguez, aux éditions Dangles.

C'est très bien documenté et c'est un excellent commencement.


En conclusion, les mythes entourant l'école à domicile continuent de bien circuler dans la société, ne vous en faites pas! J'en ai relevé quatre, mais il y en a bien plus.


Je vous laisse sur cette pensée: le jour où les gouvernements seront favorables envers l'instruction à domicile, il y aura 100 fois plus de possibilités et d'activités structurées pour les familles qui y adhèrent.


Ce n'est pas pour demain.


En attendant, il y a J'aime mon prof.




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