Ce fameux TDAH


Cet article provient de mon ancien blog.




On en a dit beaucoup à son sujet. Il est devenu très tendance, à la mode. Il peut faire la une des journaux. J'ai d'ailleurs fait l'objet d'un article à son égard. Mais malheureusement, j'ai été mal compris et peut-être mal cité. Ça arrive. Or, l’encre continuera de couler tant et aussi longtemps que les enseignants et les parents devront faire face à ce problème épidémique.


Le trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité est mieux connu sous son petit nom, «TDAH», tout comme on a baptisé ses camarades, «Asperger», «Gilles de la Tourette», «TOC» ou «Schizophrénie».


Lorsque son enfant en est «atteint», le cœur du parent bat la chamade. Heureusement, les spécialistes sont là pour les rassurer : il y a des pilules pour ça. Ça se soulage, tout comme on soulage d’autres maladies. Les pilules font leur effet quelque temps, et cela aide à la concentration... du moins.. celle que l'on souhaite.


Puis, il y a le grand débat. Deux camps s’affrontent, le «biologique» VS le «comportemental». La plupart des gens aux prises avec le TDAH préfèrent le premier camp. C’est plus rassurant. Et comportemental, cela est interprété comme quelque chose qu’on ne fait pas bien.


Je suis une exception. Je suis «TDAH». Je suis du deuxième camp. Mais j'ai choisi de ne pas me coller l'étiquette. Je ne veux pas qu'elle reste collée. Pour moi, nous ne sommes pas les coupables du «comportemental». C’est un effet de la société dans lequel nous vivons.


Entre temps, le nombre de diagnostics augmente, grimpe affreusement, surtout chez les garçons, au plaisir des compagnies pharmaceutiques. Vous irez lire les statistiques, peut-être que cela vous occasionnera un déficit de l’attention pour quelques minutes.

Mais très honnêtement, ce n’est pas de ce bruit intellectuel dont j’ai envie de parler ici.


J’ai plutôt envie de vous dire que depuis plusieurs centaines de milliers d’années, l’homme marche en moyenne quatre heures par jour, soit une moyenne de 14 kilomètres… qu’aujourd’hui les grands marcheurs ou coureurs en font dix de temps en temps et le publient sur Facebook avant même d’entrer dans la douche. J’ai envie de vous dire que chez mes ancêtres wendat, tout comme chez les autres nations autochtones, les hommes les plus vigoureux étaient entraînés (non, ils n'allaient pas au gym!), tels des champions de crossfit, pour la chasse et les longs voyages à ramer en canot, que les femmes travaillaient sans cesse avec leur corps. J’ai envie de vous dire que la sédentarisation de l’homme au deuxième millénaire a fait des ravages dans l’équilibre des corps. J’ai envie de vous montrer des photos d’Américains obèses et de comparer leur forme physique avec des «obèses» Inuit. J’ai envie de vous dire qu’il n’y pas assez de musique dans les écoles (pas de cours de musique, mais de musique). J’ai envie de vous faire la démonstration qu’être obligé de s’assoir et d’écouter un enseignant toute la journée, 180 jours par année, entraîne naturellement un déséquilibre du corps et de l'esprit. J’ai envie de vous dire que les écoles que nous avons depuis une soixantaine d’années en Occident ne sont pas saines pour l’être humain à long terme.


En fait, j’ai surtout envie de vous dire que l’attention d’un enfant, son focus, s’il n’est pas où le parent, l’éducateur et le pédagogue veulent qu’il soit, est AILLEURS. Et cet ailleurs est important. Très important.


Cet ailleurs, c’est l’imagination de Steve Jobs. C’est le monde de Picasso, ou simplement, le terrain de jeu d’un passionné d’informatique ou d’hélicoptères. C’est aussi l’imaginaire d’un enfant qui a besoin de se découvrir et de jouer, ou peut-être de parler à quelqu'un de ses problèmes personnels.


Combien de génie sont-ils TDAH? Le sont-ils vraiment ou ne sont-ils que captivés par une chose au dépend de l’autre?


Cet ailleurs, c’est aussi les cellules du corps qui demandent à bouger, à faire circuler l’énergie, à s’inspirer autrement de par ce que les adultes imposent aux enfants.


Cet ailleurs, peut provenir d’une démotivation très légitime…


Oui, à la longue, ça deviendra biologique, de plus en plus, de génération en génération, surtout avec les nouvelles technologies et les automatisations. Oui, à la longue, on le verra sur les radars des neurologues qui se feront un plaisir de nous le prouver scientifiquement. Oui, à la longue, ça deviendra dysfonctionnel. Oui, à la longue, il faudra plus de pilules.


Mais aussi, oui, j’en suis convaincu, la discipline de l’attention s’apprend et se pratique, à l'intérieur de nos propres limites. Le focus est un muscle, il faut l'exercer d'une certaine façon, d'un certain angle, d'un certain mouvement précis, de façon stratégique. Comme un vrai muscle, il ne faut pas le blesser, il faut écouter son propre âme, ce qu'il nous murmure et qui nous fait sortir de notre focus.


Il faut aller plus loin qu'une simple dichotomie dans ce débat.


N’oublions pas, nous marchions quatorze kilomètres… N’oublions pas que pour contrôler les populations autochtones, il a d’abord fallu les sédentariser.


Et si nous pensions à d’autres façons d’éduquer nos enfants?

Guillaume Picard

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